Trouble de l'alimentation

Trouble de l’alimentation chez les nourrissons et les enfants en bas âge

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Des troubles de l’alimentation sont couramment diagnostiqués chez les nourrissons et les enfants en bas âge si l’enfant répond aux critères de diagnostic du Manuel de diagnostic et de statistiques des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, DSM-IV-TR) :

  • L’enfant a six ans au plus.
  • Le problème est indépendant de toute pathologie ou trouble gastro-intestinal.
  • Le problème n’est pas dû à des troubles mentaux ni à l’indisponibilité de l’alimentation.
  • L’enfant ne consomme pas une alimentation en quantité suffisante, ce qui signifie qu’il ou elle ne présente pas une courbe de gain pondéral normale, ou bien il ou elle a perdu un poids considérable en un mois ou plus (BC Medical Journal).

Cependant, si votre enfant ne mange pas correctement tout en présentant un poids normal pour son âge, il convient malgré tout de prendre rendez-vous avec l’enfant chez un pédiatre. Le monde médical étudie et réexamine certains de ces critères de diagnostic en raison de facteurs tels que celui-ci. En effet, selon des études récentes, entre 25 et 45 pour cent des enfants ayant par ailleurs un développement normal présentent des problèmes d’alimentation (Bryant-Waugh, Markham, Kreipe et Walsh, 2010).

Ces troubles de l’alimentation se poursuivent parfois jusque dans la petite enfance. Cette condition se remarque éventuellement dès la naissance, ou se manifeste ultérieurement de manière soudaine, souvent en réponse à des facteurs psychologiques ou environnementaux.

De nombreux cas d’insuffisance de gain pondéral (ou de manque de croissance), ainsi que de malnutrition, sont dus à un état sous-jacent lié à l’estomac ou au métabolisme de l’enfant, ou encore à d’autres facteurs. Il arrive qu’aucune condition physique ne soit identifiée.

Les causes (non-médicales) de dysfonctionnement de l’alimentation d’un enfant peuvent être les suivantes :

  • Pour un motif ou un autre, l’enfant vit dans la peur ou le stress.
  • Cette crainte liée à l’alimentation peut être due à un incident traumatique antérieur, une sensation d’étouffement ou de suffocation, par exemple.
  • L’enfant ne reçoit pas des soins émotionnels adéquats ou suffisamment sains de la part de son/ses parent(s), ou encore de la part de soignants, du fait de maltraitance, d’abus ou d’agressions. Il est par exemple possible que l’enfant craigne les sautes d’humeur du/des parent(s), ou encore que le/les parent(s) souffre(nt) de dépression grave et délaisse(nt) l’enfant.
  • L’enfant n’aime pas les aliments ayant certaines textures, certains goûts ou odeurs.

Beaucoup de signes de cette condition sont comparables aux symptômes d’autres conditions susceptibles d’entraîner une malnutrition de l’enfant. Indépendamment de l’opinion que vous avez de la santé de votre enfant, consultez un médecin si vous remarquez que votre enfant :

  • semble présenter une insuffisance pondérale ;
  • ne mange pas aussi souvent (ou autant) que nécessaire ;
  • est souvent irritable et pleure fréquemment ;
  • semble présenter des troubles mentaux ou s’avère intraverti, renfermé(e) ou timide ;
  • a du mal à aller à la selle et/ou semble souffrir lorsqu’il ou elle va aux toilettes ;
  • semble fréquemment fatigué(e) et apathique ;
  • vomit fréquemment ;
  • ne présente pas les compétences sociales correspondant à son âge et a tendance à se tenir à l’écart des autres ;

Consultez les services d’urgence dans tous les cas en cas de crise ou si l’enfant ne réagit pas.

Il arrive que les troubles de l’alimentation constatés dans les premiers mois et dans la petite enfance soient sans gravité. Il est possible que l’enfant ne présente guère de symptômes de malnutrition et qu’il paraisse simplement difficile. Cependant, pensez à informer votre pédiatre des habitudes alimentaires de votre enfant lors du prochain bilan de santé : l’absence de certains aliments et vitamines dans le régime alimentaire de l’enfant est susceptible de conduire à de graves carences en vitamines, voire réduire ses compétences psychomotrices, ainsi que d’entraver son expression orale. Le médecin pourra souhaiter procéder à un examen plus poussé afin d’envisager comment améliorer l’apport supplémentaire en vitamines essentielles voulues pour votre enfant.

Votre enfant fera probablement l’objet d’un diagnostic de trouble de l’alimentation dans les cas suivants :

  • il ou elle n’a pas pris de poids, ou en a effectivement perdu, pendant au moins un mois ;
  • il ou elle ne présente pas de pathologie physique ou mentale sous-jacente responsable de ce trouble ;
  • il ou elle dispose de tous les aliments voulus (l’enfant n’est pas privé de nourriture) ;
  • Cette condition est apparue avant le sixième anniversaire de l’enfant. Les enfants plus âgés pourront faire l’objet d’un diagnostic d’autres conditions, l’anorexie par exemple (BC Medical Journal).

Si votre enfant semble présenter cette condition, consultez un médecin. Ce trouble pourra également être détecté dans le cadre du suivi régulier de la croissance du nourrisson et de l’enfant. Le médecin va peser et mesurer l’enfant. Les chiffres seront notés sur un tableau comparatif incluant les moyennes nationales. Si votre enfant présente un poids nettement inférieur à celui de la plupart des autres enfants de son âge et de même sexe, le médecin va probablement procéder à des examens complémentaires. Des analyses pourront également s’avérer nécessaires en cas de changement brutal intervenant dans le schéma de croissance de l’enfant.

S’il s’avère que votre enfant présente une insuffisance pondérale ou qu’il est malnutri, le médecin va procéder à des analyses de sang ou d’urine, ou encore à des examens par imagerie pour effectuer un dépistage des conditions susceptibles de restreindre sa croissance. Si votre médecin ne repère pas de condition sous-jacente, des questions pourront être posées sur les habitudes alimentaires, l’environnement familial et le comportement de l’enfant. Sur la base de cet entretien, le médecin pourra éventuellement vous renvoyer, vous-même et l’enfant, vers l’un des spécialistes suivants :

  • un psychologue (qui va se pencher sur les relations familiales, ainsi que sur la présence éventuelle d’une dépression ou d’une anxiété de l’enfant) ;
  • un diététicien (conseils nutritionnels) ;
  • orthophoniste ou ergothérapeute (afin de déterminer la présence éventuelle d’un retard de développement psychomoteur).

S’il est déterminé que la malnutrition de l’enfant est due à de la négligence, des abus, un défaut de connaissances nutritionnelles, ou des conditions économiques difficiles, un travailleur social et/ou un responsable de la protection de l’enfance pourront être adressés à votre domicile pour une consultation avec vous, ainsi que votre famille.

En cas d’urgence, une hospitalisation pourra être requise. L’enfant pourra éventuellement être alimenté par intubation si nécessaire pendant cette période.

La plupart des cas de troubles de l’alimentation sont résolus avant qu’il ne soit nécessaire de procéder à une hospitalisation. Des conseils nutritionnels et/ou des réunions régulières avec des spécialistes sont parfois la seule démarche requise pour résoudre les troubles de l’alimentation de l’enfant. Le traitement est fréquemment mis en œuvre par une équipe, les soignants, le médecin ou le pédiatre, ainsi que d’autres professionnels (diététiciens, thérapeutes et travailleurs sociaux).

Il est fréquent qu’un régime alimentaire et/ou des suppléments nutritionnels spécifiques soient prescrits à l’enfant. Il/elle sera ainsi mieux à même de rattraper la moyenne de poids recommandée tout en poursuivant le traitement. Une fois les carences en vitamines et minéraux compensées, l’enfant sera probablement plus vif/vive. Il s’alimentera alors plus facilement.

Si les troubles de l’alimentation présents chez le nourrisson ou l’enfant en bas âge sont pris en charge suffisamment tôt, dès que l’enfant commence à perdre du poids et à présenter des signes d’une alimentation chroniquement inadéquate, cette condition est généralement sans gravité et se résoudra facilement avec un impact minime sur le long terme. En l’absence de traitement, cependant, les troubles de l’alimentation peuvent conduire à des retards de développement psychomoteurs susceptibles d’affecter l’enfant sa vie durant. Lorsque par exemple le régime alimentaire de l’enfant présente des carences, son développement psychomoteur et audio-oral pourra en être affecté. Il peut en résulter des retards à l’apprentissage de la parole, ou bien des problèmes à long terme pour consommer des aliments ayant des goûts ou textures similaires (BC Medical Journal).

Dans les cas les plus graves, les troubles de l’alimentation peuvent entraîner un décès par carence nutritionnelle.

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